Le système de santé au Sénégal: Un diagnostic inquiétant ( par Ibrahima Thiam )

15 November 2016

J’ai évoqué il y a peu la situation de l’éducation au Sénégal et des difficultés qu’elle rencontre dans sa mission d’enseignement auprès de nos jeunes. J’aimerais pouvoir dire que celle de notre système de santé est meilleure. Hélas c’est loin d’être le cas, là aussi, la crise est profonde et multiforme. A lui seul, le chiffre de la mortalité infantile suffirait pour s’en convaincre et même s’il a baissé légèrement ces dernières années il reste aujourd’hui encore anormalement et dramatiquement élevé, de l’ordre de 55% alors qu’il est de trente pour cent au Maroc et d’un peu plus de vingt pour cent en Tunisie. Tout doit être mis en œuvre pour obtenir une baisse drastique de cette mortalité au cours des prochaines années et cela devra constituer une des priorités de tout candidat aux élections présidentielles de février 2019. Force est de constater que notre offre de soins est insuffisante et financièrement insatisfaisante. En premier lieu, le budget de la santé publique devra être relevé dans les temps à venir, sauf à considérer qu’il ne s’agit pas là d’un des secteurs prioritaires pour la nation. Or nous parlons ici du bien-être d’une catégorie de la population, la plus fragile, telle que les femmes enceintes, les enfants en bas âge ou les personnes âgées. Tomber malade au Sénégal est très angoissant pour les plus démunis car la Couverture maladie universelle mise en place, peine à leur venir en aide. C’est notamment le cas pour les maladies chroniques qui nécessitent des traitements longs, parfois sur toute une vie, à l’image des diabétiques insulinodépendants et des insuffisants rénaux. Certains malades doivent s’endetter, vendre des biens, pour se soigner. Ce n’est pas acceptable et c’est indigne d’un Etat dont le premier devoir est d’assurer la protection de ses ressortissants. De même que les hôpitaux, où les disfonctionnements sont nombreux en raison d’une mal gouvernance, de la démotivation des agents hospitaliers et d’un déficit de personnel, les districts sanitaires qui assurent les soins de proximité manquent, eux aussi, cruellement de besoins. Il conviendra d’entreprendre rapidement un effort important et de renforcer leur équipement tant humain que matériel. La pénurie de médicaments constitue également un problème récurrent dans notre pays et l’accès aux traitements essentiels est rendu très difficile, voire impossible, pour les personnes aux ressources les plus modestes. Même les personnes ayant un revenu stable ont des difficultés à s’offrir un suivi médical adéquat, c’est dire l’urgence qu’il y a à améliorer notre système de santé. En raison de cette obsolescence, de cette inadaptation, de cette désorganisation dont souffre l’hôpital les personnes dont le revenu le permet n’ont souvent d’autres solutions que de se tourner vers les cliniques privées, mais là encore les moyens financiers manquent cruellement et il serait souhaitable que le secteur, comme pour ce qui est de l’enseignement privé, bénéficie de subventions de la part de l’Etat. Il est cruel et terrible de reconnaître que le système de santé sénégalais est un patient comme un autre, en proie à de nombreuses et graves maladies. Poser un diagnostic sincère et transparent, en écoutant les différents acteurs concernés, devra être une des premières exigences […]

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Les 400 médicaments cancérigènes identifiés

28 July 2016

En déclarant, ces derniers jours, que « plus de 400 médicaments interdits de vente en Europe et aux Usa, et contenant des parabènes (substances cancérigènes), sont en vente dans nos pharmacies», le président de Prometra International, Eric Gbodoussou, a jeté un pavé dans la mare. La réaction très vive du Directeur de la pharmacie nationale, le Professeur Amadou Mokhtar Dièye, en dit long sur l’énormité de la révélation. Ce dernier a été très clair : ‘’Impossible ! Car, le Sénégal dispose d’un système pharmacovigilance’’. Soit, mais cette situation nous laisse perplexe. Car Prometra International qui a fait cette sortie est assez outillé pour cela. C’est au demeurant un organisme de recherche culturelle, de pratique médicale et de diffusion scientifique qui a à son actif plusieurs brevets d’invention (OAPI), pour le diabète le VIH/SIDA et certaines dermatoses et (PCT) pour le VIH/SIDA et le diabète. Elle a aussi une reconnaissance diplomatique au Sénégal. En conséquence, comme beaucoup de Sénégalais le souhaitent, il serait important que Gbodoussou éclaire la lanterne de l’opinion sur les médicaments en question évalués au nombre de 400. Il nous semble en effet comprendre qu’il ne s’agit nullement de ces médicaments contrefaits à partir de l’Asie (Inde, Chine, etc.) qui inondent l’Afrique. Ces faux médicaments ne sauraient, en principe, être vendus dans les officines publiques qui bénéficient de la confiance totale des consommateurs, même si certains continuent, encore, à se ravitailler sur ces marchés parallèles. Les dangers liés à ces types de faux médicaments ont été assez bien expliqués aux consommateurs. Les médicaments visés ici sont ceux qui sont en vente sur le marché parce que bénéficiant normalement des autorisations légales de mise sur le marché par les pays d’où ils sont fabriqués. Nous savons que certains de ces médicaments sont frappés de retrait du fait de dangers observés plus tard, notamment en France. Il s’agit notamment du VIOXX et son concurrent le CELEBREX qui appartenaient à une nouvelle famille d’anti-inflammatoires, les coxibs. Une douzaine de médicaments ont aussi été retirés de la vente en France, notamment en 2005. Voici la liste : Locabiotal 1 %, Lysopaïne en comprimés, Oropivalonebacitracine en comprimés, Pharmacilline 0,25 pour mille en flacon pulvérisateur, Argicilline 0,05 pour mille en solution nasale, Pharmacilline 0,05 pour mille en solution nasale, Solutricine maux de gorge en comprimés (et les formules sans sucre et tétracaïne), Ergix mal de gorge en comprimés, Veybirol tyrothricine en solution pour bain de bouche et Tyrotricil en comprimés enrobés. Il est important que le Sénégal dispose, comme en France, d’une unité de Pharmacovigilance, mais le souhait des consommateurs est d’avoir les informations nécessaires sur ces activités lorsque celles-ci sont  liées à l’interdiction de circulation de médicaments. C’est dire que désormais, face à l’acuité du problème, les Sénégalais s’attendent à de meilleures explications de la part de Prometra, mais aussi des autorités sanitaires afin de les assurer que toutes les garanties ont été prises. Car si une structure comme Prometra International nous indique que nous sommes des consommateurs passifs et de surcroit des déchets dont la santé compte peu, il y a de sérieuses raisons de s’inquiéter d’autant plus que cela existe dans tous les autres secteurs, y compris dans l’achat de matériels d’aviation avec […]

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